• L'éco-éducation, une option à considérer.

    L'éco-éducation, une option à considérer.

    Thierry Pardo, un doctorant en éducation a opté pour l'éducation à domicile pour ses enfants et même plus: le unschooling. Et vous, quel choix feriez-vous si vous aviez l'entière liberté de choisir? Histoire d'un week-end montréalais consacré à ma réflexion sur l'école à la maison. 

     

    J'arrive de la ville. Un lieu inspirant pour moi en ce qui concerne l'ouverture aux nouvelles perspectives, aux nouvelles manières de penser qui selon moi émergent d'un monde en pleine mutation de la conscience. Une conscience collective qui mûrit, qui passe de l'égoïsme enfantin d'une société toute jeune et naïve à une vision plus mature. La société commence à passer à l'âge adulte où chaque personne se doit de prendre conscience de ses propres RESPONSABILITÉS.  

    J'observe que, de plus en plus, dans le monde un grand nombre de gens constatent qu'il faut penser la vie autrement, réinventer notre place, notre manière de concevoir la vie. Et je crois que, de plus en plus, j'en fais partie. Et que surtout, je SOUHAITE participer à l'émergence de cette nouvelle conscience. Je souhaite participer à ma vie, la construire, l'inventer, bref vivre ma vie de manière CRÉATIVE, sans penser que ce sont les élus, les patrons, les autres qui en sont responsables.

    Alors, pourquoi ne pas envisager l'école à la maison, ou plutôt, terme plus approprié, l'éducation à la maison ou l'éco-éducation, puisque justement il n'est pas question dans ce choix de recréer l'école dans la maison, mais  plutôt de vivre selon un autre rythme, une autre manière d'apprendre. C'est sur ce sujet que je médite ces temps-ci et c'est pourquoi j'ai participé durant la fin de semaine dernière à un symposium sur l'école à la maison et à une conférence sur le unschooling avec Thierry Pardo. C'est le bon moment, il me reste encore un an pour y réfléchir avec mon conjoint.

    Je ne pourrai, ni ne voudrai tout résumer. Alors...

    Je vais commencer par la fin. Je reviens changée, transformée. Portée par une assurance nouvelle. Intérieure. Peu importe notre choix final pour l'éducation de nos enfants, les conférences auxquelles j'ai assisté m'ont toutes inspiré dans le même sens: choisir ma vie CONSCIEMMENT. M'arrêter à moi-même. Me poser des questions qui paraissent banales sur le sens que je veux donner à ma vie, le sens qui convient à mon époque, aux transformations que j'observe, aux possibilités nouvelles. Briser la routine de ce qui est acceptable depuis si longtemps que l'on ne prend même plus la peine de se questionner sur son utilité présente. TOUT EST EN CHANGEMENT en cette époque formidable. Et c'est le moment idéal pour se redéfinir en tant qu'humain individualiste, mais aussi en tant qu'humain évoluant et participant de la société. Je savais tout ça. Mais aujourd'hui, JE SAIS CONSCIEMMENT. Je m'y suis arrêté, j'ai pris le temps et je me sens MERVEILLEUSEMENT bien! Je veux participer, je veux évoluer, je veux réinventer.

    Thierry Pardo, donc, fait du unschooling avec ses enfants. Le unschooling, résumé très brièvement et succinctement, c'est le choix de ne pas faire d'école du tout à ses enfants, de ne pas suivre les livres d'école mais l'enfant lui-même dans ses apprentissages. De croire que la curiosité manifeste des enfants est le meilleur gage de leurs apprentissages. Thierry donc, en a fait son sujet de doctorat, il a écrit des bouquins sur le sujet - dont entre autre celui que je lui ai acheté Une éducation sans école.

    Il écrit aussi un blogue: https://uneeducationsansecole.wordpress.com/ 

    Thierry se compare à un pirate. Un pirate qui refuse le compromis, qui souhaite sortir des sentiers déjà trop battus. La piraterie dans le sens de l'appel du large, dans le sens de l'étranger radical qui fait une "incursion dans la société connue et contrôlée" et comme il le dit lui-même: "c'est précisément dans sa radicalité que l'aventure pirate est maîtresse, réussissant à allier l'imagination à la révolte, l'utopie et l'aventure." Dans son livre, il souhaite nous rappeler à notre rêve de changer le monde, il souhaite que l'on y retrouve peut-être quelque chose de nous-même. Je n'ai presque pas commencer ma lecture, mais c'est exactement ce que je ressens après ma fin de semaine intensive à réfléchir sur le sujet, à m'inspirer de gens qui la vivent cette aventure d'école à la maison. Je sens que je peux participer à changer le monde ... sans prétention. C'est ce sentiment qui est né en moi, et qui souhaite que je m'y attarde.

    Suite à ce week-end fort inspirant où j'ai entendu nombres de témoignages, je m'invite moi-même à modifier mon angle de vision, à comprendre les mécanismes qui ne me conviennent pas. Je comprends que la révolte qui gronde en moi depuis si longtemps résulte surtout de l'impression de n'avoir qu'une faible prise sur ma vie, la vie que l'on nous impose parfois parce que l'on pense que l'on a pas le choix. Je réalise qu'en fait je suis une PIRATE depuis si longtemps! Et que surtout, j'ai envie de vivre en pirate dans le sens de reprendre le gouvernail sur les choses qui m'apparaissent primordiales, et que surtout, je veux avoir le choix.

    Le choix de l'éducation de mes enfants en est un de la première importance car si je veux changer le monde, je dois réfléchir à la manière dont on introduira le monde à mes enfants s'ils vont à l'école, à la façon dont on souhaitera parfois qu'ils se conforment sans réfléchir. Je dois me positionner sur ce choix. Je parle au je mais évidemment il concerne tout autant mon conjoint. On est en pleine réflexion et c'est si bon. Le plus intense dans tout ceci est que ce que je constate en moi-même les instigateurs des pédagogies alternatives l'ont constaté aussi. Dans une des conférences auxquelles j'ai assisté, la conférencière nous offrait un survol des pères et mères des pédagogies alternatives qui ont inspiré l'école nouvelle. Ce besoin de réfléchir à des manières différentes d'aborder l'enseignement est surtout né après les guerres mondiales, les pédagogies nouvelles sont le résultat du désir de changer l'humain dans sa participation au monde, de le rendre meilleur. Éduquer les enfants pour changer le monde.

    La force de l'éducation passe maintenant à un autre niveau de réflexion: de plus en plus plusieurs souhaitent que l'éducation formelle se transforme pour aussi faire naître au monde des êtres conscients, créatifs et qui surtout auront appris à bien vivre en relation avec le monde et non de devoir juste l'apprendre par cœur. L'appréhender avec le cœur et non juste l'avaler tout rond. En tout cas, c'est ce qui composera l'essentiel de mes réflexions et tergiversations sur ce sujet  qui m’apparaît essentiel et fondamental sur la naissance au monde des futurs citoyens de ce monde nouveau qui est en train de naître. Et surtout, peu importe la conclusion école ou pas école, l'important selon moi c'est de se positionner et de ne pas prendre pour acquis le tout sans réfléchir aux parties. L'école, peut-être, mais pas la tête baissée et les yeux fermés. Le "pas d'école" peut-être mais pas sans changement profond intérieur de la part des parents qui auront à s'investir et surtout à apprendre en même temps que leurs enfants. - Ce que je trouve absolument merveilleux et inspirant.

    Je reparlerai sans aucun doute de tout ceci. Aucune réponse toute faite ne pèse sur ma réflexion. Je vis le processus avec gratitude. Et pour mon retour, il me semblait primordial de m'attarder au vécu et ressenti de cette aventure à laquelle j'ai pris part en amorçant cette réflexion: école ou pas école? Mais ce qui est certain, c'est que je me donnerai les moyens de mes choix... 

     

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  • Commentaires

    1
    Roxane
    Samedi 28 Mai 2016 à 14:25
    Quel beau texte. En peu (ben...)de mots tu as su introduire le sujet avec brio, en ce sens que tu suscites l'intérêt du lecteur, qu'il soit en accord ou pas. Tu n'as pas amorcé le sujet avec une seule vision, mais avec ouverture. Rebatir un monde, pas facile. La réflexion est la pierre angulaire du changement. Tu n'es pas tombée dans le côté adverse , tu apportés une réflexion reflechie. Faire la balance..comme tu dis:école ou pas.comme ton jardin, faut que ça germe dans nos têtes surtout les plus vieux, car c'est notre vie à repenser vers une nouvelle philosophie...mais tout comme toi, je crois que ça vaut la peine de s'y pencher serieusement, école ou pas. Qu'est l'être humain, s' il ne réfléchit pas à ce qu'il vit. Je suis contente de ce week-en pour toi. Tu es revenue de ces ateliers les yeux pleins d'éclairs et le coeur en joie. Ton projet de LA Maison des Enfants aura été et sera ta source de renouvellement dans ta vie. Exploité tout cela ne lâche pas prise, va au bout de ton rêve et du positif en sortira. Je te suis, ma fille, j'évolue, entre autres, par les personnes qui m'entourent.
    2
    Lundi 30 Mai 2016 à 14:26

    Merci ma belle maman ! 

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